Culture & Rencontres

Sara Dufour : son univers, son Dolbeau-Mistassini

Imaginez la scène: écouter le nouvel album de Sara Dufour, assis juste à côté d'elle, chez elle, sur le bord de l'eau. C'est quand même magique et exceptionnel, non? Comme dirait Sara, c'est capotant!

C’est exactement ce que Sara m’a proposé à Dolbeau-Mistassini. Pour découvrir Dolbeau-Mistassini, son nouvel album, qu'elle a invité quelques journalistes dans les lieux de création de cet album et a ouvert les portes de sa ville, de ses souvenirs et de son quotidien. Pas de tapis rouge. Au contraire! C'est chez elle, dans son garage, au dépanneur Pierrette, à la Crèmerie du Nord où j'ai dégusté une crème molle aux bleuets et à la salle de spectacle Maria-Chapdelaine que cette immersion dans son univers s'est déroulée. Elle semblait tellement heureuse de nous recevoir chez elle, à la fois hyper émue et visiblement très fière de nous faire découvrir cet album qui lui tient tant à cœur.

J’ai eu le privilège de découvrir la ville Dolbeau-Mistassini à travers ses yeux et de comprendre pourquoi cette ville occupe une place aussi importante dans son nouvel album. Je me suis senti choyé, mais aussi franchement ému. Parce que Dolbeau-Mistassini, ce n’est pas seulement un titre d’album : c’est un véritable retour aux sources.

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Sara et moi, dans son petit coin de paradis.

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Un album né à Dolbeau-Mistassini

L’idée de lancer l’album à Dolbeau-Mistassini lui est venue sur la route, en revenant de l’Abitibi. Si l’album s’appelle Dolbeau-Mistassini, ça ne ferait pas de sens de le lancer à Montréal, s’est-elle dit. Au début, elle pensait que personne ne viendrait jusqu’à Dolbeau-Mistassini, qu’il faudrait pratiquement prendre l’avion pour assister au lancement! Finalement, le projet a pris de l’ampleur et, en seulement un mois et demi, tout s’est organisé. L'avion fut nolisé et la journée immersive a pris forme: un concert intime à la salle Maria-Chapdelaine, un arrêt dans des endroits liés à d'importants souvenirs et terminer ça chez elle à sa maison. Rien de moins.

‍Ce lancement représente beaucoup pour moi. C’est une façon de réunir les gens autour d’un album qui parle de mon histoire, de mon territoire et de mes racines.

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Créer autrement

C'est en marchant vers le dépanneur Pierrette, dans l'autobus et devant son garage que j'ai eu la chance de discuter personnellement avec Sara.

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Direction, Dépanneur Pierrette! Crédit: Annie Diotte

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Comment s’est déroulée la création de Dolbeau-Mistassini?

‍L’album a été enregistré en seulement cinq jours, en direct de mon garage. Je voulais un album humain, enregistré live, avec tout ce que cela implique. L’énergie et la complicité avec les musiciens sont palpables. Il y a eu énormément de préparation avant l’enregistrement. Je travaille avec Dany Placard depuis de nombreuses années et on se comprend vraiment bien. C’est un album qui nous ressemble, avec nos paroles et notre musique.

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Ton processus d’écriture ressemble à quoi?

‍Je prends constamment des notes dans mon téléphone. J’enregistre des mélodies, des phrases, des idées, même des « nananana » quand quelque chose me vient! Je garde tout ça et, lorsque je réussis à me déposer, je retourne dans mes notes et je commence à travailler. Parfois, les paroles arrivent avant la musique et parfois, c’est l’inverse.  Dans l’album, je parle de ma vie, des tournées, de mon passé, de la nature...

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As-tu des chansons préférées sur l’album?

‍C’est vraiment difficile de choisir parce que je les aime toutes! "Dolbeau-Mistassini", je l’aime vraiment mais "Paraît" et "La mémoire de l’eau" sont deux chansons qui me touchent particulièrement. Elles m’amènent dans des endroits que je n’avais pas encore explorés musicalement. J’ai vraiment hâte de les jouer sur scène.

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Il y a aussi Mon cœur, qui est très personnelle.

‍Oui. Cette chanson parle de ma mère. Après son décès, j’ai récupéré une petite chaîne avec un cœur en or qu’elle portait. En 2024, après un spectacle à Rouyn, j’ai perdu le cœur. J’ai raconté l’histoire sur les réseaux sociaux et la publication a été partagée environ 17 000 fois. Finalement, le cœur a été retrouvé par une école de musique. Pour moi, cette histoire représente toute la beauté des humains et des liens qui peuvent se créer. J’essaie de regarder la vie avec du jaune, avec du soleil, même quand quelque chose n’est pas nécessairement beau au départ.

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Spectacle intime en direct de son garage.

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Qu’aimerais-tu que Dolbeau-Mistassini t’apporte?

‍J’aimerais que l’album ouvre des portes. Mais surtout, je veux que ma musique fasse du bien. Des gens me disent qu’ils sont capables de venir à mes spectacles malgré leur anxiété. Certaines personnes sont même venues me voir plus de 70 fois! Si ma musique peut avoir cet impact-là, pour moi, c’est un immense succès.

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Pourquoi cette ville est-elle aussi importante pour toi?

‍J’ai grandi ici. Je suis partie à 19 ans et j’ai vécu ailleurs pendant 17 ans, mais je savais que je reviendrais. Quand j’arrive ici, j’ai vraiment l’impression d’arriver au paradis. Les rivières, l’eau, les bleuets, la nature, les gens… tout ça fait partie de moi.  

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Est-ce que tu aimerais que les gens découvrent davantage ton coin de pays?

Absolument. Il y a tellement de beaux endroits cachés ici. Même quand il fait froid, il y a une chaleur humaine incroyable. J’espère que les gens qui viennent découvrir Dolbeau-Mistassini auront envie d’y revenir.

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La nature semble très présente dans ton nouvel album. Est-ce aussi une façon pour toi de te retrouver?

‍Oui. La nature me permet de me reconnaître et de me recharger. J’aime être dehors. Je commence même à m’intéresser à la cueillette de champignons et je rêve d’avoir un jardin. Pour moi, c’est important de pouvoir décrocher et revenir à quelque chose de simple.

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La nature, une inspiration. Crédit: Annie Diotte

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Après une année aussi intense, comment vas-tu gérer tout ce qui s’en vient?

‍Je ne sais pas encore! Je ne vis pas dans le futur. J’ai besoin de respirer, de marcher dans la nature et de prendre du recul. Je regarde chaque occasion et je me demande : est-ce que ça correspond à mes valeurs? Est-ce que ça me fait sourire? Est-ce que je vais avoir du plaisir? Si je m’engage dans quelque chose, je veux pouvoir donner 100 %. Si je sais que je ne pourrai donner que 50 %, je préfère dire non.

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Qu’est-ce que tu dirais aujourd’hui à la Sara de 20 ans?

Continue. T’es sur la bonne voie. Tu cumules de l’expérience, mais ça va te servir plus tard.  Je lui dirais surtout de se faire confiance et de continuer à écouter cette petite voix intérieure.

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Plus qu'un album.

Après cette journée passée à Dolbeau-Mistassini, une chose est claire pour moi : pour comprendre Dolbeau-Mistassini, il fallait venir ici. Voir les lieux, rencontrer les gens, entendre Sara parler de ses racines et découvrir les chansons dans leur décor naturel. Je repars choyé, ému et avec l’impression d’avoir découvert bien plus qu’un nouvel album.

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Dolbeau-Mistassini est disponible partout dès aujourd'hui.

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