Il y a des artistes qu’on apprend à connaître à travers leurs chansons. Plame OKT est de ceux-là.
J’ai eu la chance de m’entretenir avec lui, autour d’un matcha à la pistache et d’une limonade.
Derrière ses textes, souvent mélancoliques et personnels, se cache un parcours marqué par une enfance vécue à toute vitesse, des responsabilités arrivées très tôt et une détermination qui ne semble jamais le quitter.
Notre rencontre devait parler de son EP Plame OKT Pleure aussi et de son prochain spectacle. Finalement, on a surtout parlé de lui.
Émotions au premier plan
En écoutant ton EP Plame OKT Pleure aussi, j'ai découvert des chansons très personnelles et chargées d’émotions. Est-ce que la musique est devenue une façon naturelle pour toi de partager ce que tu ressens ?
Tout à fait. Tu ne vas pas nécessairement me voir être triste ou trop pensif. Mais si tu écoutes mes chansons, tu vas savoir ce qui se passe dans ma vie. Je peux vivre quelque chose de difficile sans réussir à l’exprimer tout de suite. Puis, ça tourne dans ma tête et j’ai besoin d’écrire. Je n’écris pas simplement parce que je pense que ça va être beau. Si je ne ressens rien, je n’écris pas.
Tu es un magicien des mots. Lorsque tu mentionnes que C'est OK sans le T ou que Si ça me parle, Jean Chaîne, les mots prennent un tout autre sens.
J'aime jouer avec les mots, me les approprier.
Grandir trop vite
Plame garde des souvenirs fragmentés de son enfance et de la fin de la guerre civile qu’il a vécue : des bruits, des images, des cris, puis de longs blackouts.
Tu as l’impression d’avoir grandi plus vite que les autres ?
Oui. J’ai l’impression d’avoir vécu en cinq ans ce que certaines personnes vivent en dix. En arrivant au Québec, je suis devenu le grand frère. À six ou sept ans, je surveillais déjà mes petites sœurs pendant que mes parents travaillaient. Je n’ai pas vraiment eu une enfance comme les autres. J’ai eu des responsabilités très tôt.
Plus tard, découvrir Montréal et commencer à sortir, c’était comme découvrir un nouveau monde. J’ai fait des bêtises comme tout le monde puis, je me suis pris en main.
À quel moment as-tu découvert que la musique allait tenir un rôle si important dans ta vie.
Mes professeurs ont joué un rôle important dans mes débuts. Ils m’ont encouragé à écrire et, petit à petit, ça m’a donné confiance et envie de voir jusqu’où je pouvais aller avec la musique. Sentant que j’étais triste, que j’étais en peine d’amour, une de mes enseignantes m’a proposé de chanter une de mes compositions comme présentation orale. C’est à ce moment que j’ai eu la piqûre, que j’ai chanté devant mon premier public.

Choisir la musique
En 2023, Plame décide de se concentrer sérieusement sur sa musique. Il vend sa voiture et sa PS5 pour éliminer certaines distractions. Son plan : se concentrer sur son art. Les résultats arrivent rapidement : ses chansons commencent à circuler, il passe notamment à la radio et son premier spectacle attire environ 400 personnes.
La musique t’a aussi demandé des sacrifices personnels.
Oui. Dans une chanson que j’ai écrite, je parle d’un choix que j’ai dû faire entre une relation et la musique. Et j’ai choisi la musique. Aujourd’hui, si quelqu’un entre dans ma vie, cette personne doit comprendre que la musique fait partie de moi. C’est une partie intégrante de mon être.
Un EP à vivre sur scène
Son prochain spectacle sera différent. Plame souhaite quelque chose de plus intime, où les gens viennent avant tout pour écouter et découvrir son projet. Le spectacle passera d’une première partie plus énergique à un univers plus mélancolique et personnel.
Sur scène tout comme dans ton EP qui sortira le 11 septembre prochain, tu sembles raconter une histoire.
Oui. Avec Chris Mozo, avec qui je collabore pour ma musique, on aime raconter des histoires. Chaque chanson a une raison d’être. C’est ma vie, mes sentiments, mes états d’âme.

Je suis un challenger
Plame parle aussi beaucoup des artistes qui l’entourent. Il ne cache pas son ambition, mais il ne veut pas réussir seul. Ça me ferait mal de monter seul. Il y a des gens qui étaient là au début et qui sont très talentueux. Si je monte, j’ai envie de les faire monter avec moi. Mais lorsqu’il voit quelqu’un qui tourne encore plus que lui à la radio ou qui a plus de succès, il ne se décourage pas.
Je suis un challenger. Je travaille encore plus.Je pense que mon potentiel n’est même pas encore atteint.
Après l’EP et le spectacle, Plame compte continuer à créer avec Mozo, d’abord avec de nouveaux singles et, éventuellement, un album. Pour lui, l’objectif est clair : faire voyager sa musique bien au-delà de Montréal.
Un artiste mais avant tout, un humain.
En terminant notre conversation, je retiens surtout la personne derrière l’artiste. Quelqu’un de mélancolique, parfois solitaire, mais profondément humain. Un artiste qui a grandi vite, qui a beaucoup de vécu et qui utilise aujourd’hui la musique pour mettre des mots sur ce qu’il ressent. Un homme talentueux, ambitieux, volubile et qui déborde de talent.
Son EP et son spectacle seront une belle occasion de découvrir Plame OKT autrement: travers sa musique, mais surtout à travers son histoire. On se donne rendez-vous samedi le 12 septembre prochain à la salle Le Ministère à Montréal? J'y serai! Les billets sont en vente ici.







